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<title>Lucienne 2.0... - walter_marshall_et_les_autres</title>
<description>... ne regrette pas son minitel</description>
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<lastBuildDate>Fri, 30 Nov 2007 18:50:45 +0100</lastBuildDate>
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<title>Quand le digital efface le manuscrit</title>
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<author>noreply@blogspirit.com (Lucienne)</author>
<category>walter, marshall et les autres</category>
<pubDate>Fri, 02 Mar 2007 18:35:00 +0100</pubDate>
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Quand je disais qu’on trouve peu de réflexions de haut vol sur les rapports entre nouvelles technologies et l’appréhension du monde, j’exagérais un tantinet. Quoique.&lt;br /&gt;A la fin du siècle dernier, il y eut Pierre Lévy, grand prophète de la cyberculture Et la &lt;a href=&quot;http://www.mediologie.org/&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;médiologie&lt;/a&gt;, autour de Régis Debray, qui semble désormais plus  préoccupé de réflexions théologiques. Aujourd’hui, c’est peut être &lt;a href=&quot;http://www.arsindustrialis.org/&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;Bernard Stiegler &lt;/a&gt;qui tient la corde, mais il brasse tellement de sujets que l’on peine à s’y retrouver.&lt;br /&gt;Bref, il y eut beaucoup des choses passionnantes à lire, et il y a encore, mais comme elles paraissent éloignées du monde numérique en train de se faire…. Entre le claviardage oiseux de la plupart des bloggeurs et les recherches monacales des « penseurs de la technique », l’écart me semble bien grand. &lt;br /&gt;On se prend encore à rêver à un Wired à la française, mais après tant d’échecs malheureux (Interactif magazine, Futur(es), Transfert..), qui oserait encore se lancer, même en ligne ?&lt;br /&gt;Bref. &lt;br /&gt;Et pendant ce temps, le monde se numérise, et l’Homme mute.&lt;br /&gt;Il parait que la nouvelle génération – la génération game boy et SMS, celle d’Hugo mon arrière petit fils -  a tendance à presser les interrupteurs avec le pouce et non l’index. &lt;br /&gt;Mon petit fils, Antoine (le père d’Hugo) m’a, quant à lui, parlé de sa difficulté croissante à écrire à la main. &lt;br /&gt;&lt;em&gt;« Même pour une liste de courses, j’ai du mal. Parfois je n’arrive pas à relire mes post it. Je crois que j’ai définitivement perdu l’habitude d’utiliser un crayon. En fait, je n’ai pas écrit une page manuscrite entière depuis plusieurs années.  Il m’arrive même de m’envoyer une adresse par mail plutôt que de la noter sur un bout de papier.  ». &lt;/em&gt;&lt;br /&gt;Cela parait trivial, marginal, mais je pense que c’est une vraie mutation anthropologique. Pour la première fois dans l’histoire de l’humanité,  la façon d’écrire, même  dans son aspect le plus quotidien, change radicalement : l’écriture ne naît plus d’un mouvement de la main, ce n’est plus une suite de lignes  tracée, une trace unique sur un papier, c’est une suite de caractères tapés sur un clavier, codés, conservés, répliqués sous forme de 0 et 1. L’écriture n’est plus analogique : la belle continuité, le lien direct entre cerveau, main, crayon et papier n’existe plus. Ou presque.&lt;img src=&quot;http://lucienne.blogspirit.com/images/thumb_main.jpg&quot; alt=&quot;medium_main.jpg&quot; style=&quot;border-width: 0; float: right; margin: 0.2em 0 1.4em 0.7em;&quot; /&gt;&lt;br /&gt;L’Homme, l’homme moyen de demain, est en train de perdre une capacité vieille de plusieurs millénaires. L’écriture manuscrite s’efface.   Et cela indiffère tout le monde.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sur ce, je m’en vais aiguiser mes couteaux, j’ai un calame à tailler.
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<title>Walter Benjamin</title>
<link>http://lucienne.blogspirit.com/archive/2007/02/26/walter-benjamin.html</link>
<author>noreply@blogspirit.com (Lucienne)</author>
<category>walter, marshall et les autres</category>
<pubDate>Mon, 26 Feb 2007 19:00:00 +0100</pubDate>
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J’ai un peu fréquenté Walter Benjamin lors de son séjour à Paris, quelque mois avant sa fin tragique à l’été 40. J’étais une toute jeune fille à l’époque, pas très philosophe, mais déjà curieuse de tout. Ce fut une belle rencontre ; nous nous promenâmes ensemble dans Paris, &lt;img src=&quot;http://lucienne.blogspirit.com/images/thumb_walter-benjamin.jpg&quot; alt=&quot;medium_walter-benjamin.jpg&quot; style=&quot;border-width: 0; float: left; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0;&quot; /&gt; des journées entières, parlant de Balzac, de Proust, de cuisine, d’Italie, déambulant  de librairies  en passages et de passages en antiquaires…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;C’est donc avec une émotion toute personnelle que j’ai relu récemment &lt;a href=&quot;http://hypermedia.univ-paris8.fr/Groupe/documents/Benjamin/Ben3.html&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;« L'Œuvre d'art à l'époque de sa reproductibilité technique&lt;/a&gt; » qu’il écrivit dans ces années 30 ; une grande émotion car en le lisant, le son de sa voix m’est revenu dans l’oreille alors  même que je pensais l’avoir oublié, à jamais. &lt;br /&gt;Bref. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Dans cet ouvrage court, dense, visionnaire, Benjamin s’interroge notamment sur ce que la photographie a changé de la perception des oeuvres d’art.  Il évoque aussi ce que le cinéma a changé sur la perception du monde : avec le ralenti, le montage, le gros plan… Pouvait-on imaginer le ralenti avec de le voir à l’écran ? &lt;br /&gt;J’aime à penser à tout ce que les nouvelles technologies ont changé et changent encore dans la manière dont on perçoit le monde. &lt;br /&gt;Marshall McLuhan avait eu aussi quelques illuminations du même ordre. J’ai en revanche lu peu de choses à propos des effets du numérique sur les modes de perception.  &lt;br /&gt;C’est pourtant amusant de se poser ce genre de questions, de méditer un peu sur les expériences humaines nouvelles que nous offrent le numérique et les réseaux. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Changement de la perception du temps et de l’espace, toujours : &lt;img src=&quot;http://lucienne.blogspirit.com/images/thumb_luxframe.jpg&quot; alt=&quot;medium_luxframe.jpg&quot; style=&quot;border-width: 0; float: right; margin: 0.2em 0 1.4em 0.7em;&quot; /&gt; quand l'on s’immerge dans ces &lt;a href=&quot;http://www.timetrack.com&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;nouveaux effets cinématographiques&lt;/a&gt;, qui transfigurent sans cesse le temps et le mouvement&lt;br /&gt;Mais aussi&lt;br /&gt;Rapports aux autres totalement inédits, quand on rencontre pour la première fois dans le monde réel quelqu’un avec qui l’on a discuté en ligne des heures durant.&lt;br /&gt;Nouveaux rapports aux lieux, quand on se promène dans une ville que l’on a déjà arpenté virtuellement du haut de Google Maps&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;A vous d’en trouver d’autres.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sur ce, je me remets à potasser mon cher Walter.
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