26 février 2007
Walter Benjamin
J’ai un peu fréquenté Walter Benjamin lors de son séjour à Paris, quelque mois avant sa fin tragique à l’été 40. J’étais une toute jeune fille à l’époque, pas très philosophe, mais déjà curieuse de tout. Ce fut une belle rencontre ; nous nous promenâmes ensemble dans Paris,
des journées entières, parlant de Balzac, de Proust, de cuisine, d’Italie, déambulant de librairies en passages et de passages en antiquaires…
C’est donc avec une émotion toute personnelle que j’ai relu récemment « L'Œuvre d'art à l'époque de sa reproductibilité technique » qu’il écrivit dans ces années 30 ; une grande émotion car en le lisant, le son de sa voix m’est revenu dans l’oreille alors même que je pensais l’avoir oublié, à jamais.
Bref.
Dans cet ouvrage court, dense, visionnaire, Benjamin s’interroge notamment sur ce que la photographie a changé de la perception des oeuvres d’art. Il évoque aussi ce que le cinéma a changé sur la perception du monde : avec le ralenti, le montage, le gros plan… Pouvait-on imaginer le ralenti avec de le voir à l’écran ?
J’aime à penser à tout ce que les nouvelles technologies ont changé et changent encore dans la manière dont on perçoit le monde.
Marshall McLuhan avait eu aussi quelques illuminations du même ordre. J’ai en revanche lu peu de choses à propos des effets du numérique sur les modes de perception.
C’est pourtant amusant de se poser ce genre de questions, de méditer un peu sur les expériences humaines nouvelles que nous offrent le numérique et les réseaux.
Changement de la perception du temps et de l’espace, toujours :
quand l'on s’immerge dans ces nouveaux effets cinématographiques, qui transfigurent sans cesse le temps et le mouvement
Mais aussi
Rapports aux autres totalement inédits, quand on rencontre pour la première fois dans le monde réel quelqu’un avec qui l’on a discuté en ligne des heures durant.
Nouveaux rapports aux lieux, quand on se promène dans une ville que l’on a déjà arpenté virtuellement du haut de Google Maps
A vous d’en trouver d’autres.
Sur ce, je me remets à potasser mon cher Walter.
19:00 Publié dans walter, marshall et les autres | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : walter benjamin
20 février 2007
CGM, UGC, CFM, CGM…
Il est amusant de voir comment les concepts, tout comme les nouvelles technologies, peuvent apparaître et se développer tout en restant mal nommées. L’ambiguïté entre les termes mobile et portable à propos des téléphones me réjouit souvent ; j’aime bien le flottement dans l’air quand quelque parle de son portable et qu’on l’ignore s‘il s’agit d’un ordinateur ou d'un téléphone. J’aime aussi quand un hurluberlu américanisé parle de son cellulaire ou de son laptop. Ou quand quelque chose commence à vivre sous forme de sigle : on se demande alors si cela va continuer ou si une dénomination moins barbare va s’y substituer. Je me souviens par exemple de l’époque où l’on écoutait la TSF avant d’écouter la radio. Aujourd’hui, je m’intéresse de près le destin du CGM (consumer generated media) et de sa lutte avec l’UGC (user generated content), les deux désignant le fait que les gens (et surtout les internautes) peuvent de plus en plus facilement créer des contenus et notamment des pubs. On notera que des pervers troublent le jeu en parlant d’UGM (user generated media) ou de CGC (à vous de deviner !).
Depuis quelque mois, les plus en pointe des experts de la com’ digitale perfectionnent la chose en parlant de CFM (consumer fortified media) … sauf ceux qui parlent encore de CGM, mais cette fois au sens de Co-Generated Media. (Vous me suivez toujours ?).
Dans ces deux derniers cas, l’idée n’est plus de laisser les internautes créer librement le contenu (un film par exemple) et donc travailler à la place de l’agence de publicité. Car, même si la participation tous azimuts est à la mode, on en revient de cette stratégie, on sait maintenant que c’est pas si évident. L’idée est plutôt de laisser les internautes enrichir une création proposée par un marque (cf Dove Evolution) ou de collaborer avec la marque pour aboutir à une création aussi originale que pertinente.
J’y reviendrais.
Sur ce, je vous laisse, c’est l’heure de mon THC (thé-hydromel-canelle)
18:54 Publié dans c-marketing | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note


