15 décembre 2006
Carlos. Deleuze. Gotainer.
Un chroniqueur de Télérama (oui, j’ai des lectures que d’aucuns qualifieraient de « bobo », alors que 1/ je lisais déjà Télérama quand il était beaucoup plus catho que bobo 2/ j’ai connu la faim), un chroniqueur de Télérama, disais-je avant de me couper la parole (et il faudrait que je perde cet fâcheuse habitude), un chroniqueur de Télérama fait pertinemment remarquer que la plupart des publicités d’aujourd’hui nous glissent dessus. On les voie, puis on les oublie. Alors que celles des années 80 s’incrustaient profondément dans nos cerveaux. Grâce à quoi ? A des chansons !
Un petit florilège de ces spots que les plus de trente ans n’ont pas pu oublier vient à l’appui de sa remarque. Vous le retrouverez ici
Toutes ces scies, ça m’a fait penser à Deleuze et à son idée de ritournelle, celle qui fabrique du temps impliqué et ordonne le chaos. Mais bon, cette référence, c’est un tantinet pour me la jouer comme dit mon arrière petit fils Hugo (qui ne connaît pas plus Deleuze que Casimir ou Nicolas et Pimprenelle). Ce que je veux dire, c’est que toutes ces publicités des années 80 sont restées gravées dans les cerveaux parce qu’elles étaient chantées. Et même si les images se sont effacées, la mélodie est restée (la bougresse ! ). D’où d’ailleurs la nostalgie qui nous étreint quand nous retrouvons les images correspondant à une ritournelle qui, elle, ne nous avait jamais quitté.
Les publicités d’aujourd’hui chantent beaucoup moins. On pourrait même dire que la pub déchante : on est passé de la réclame chantée à la bande son de film publicitaire. L’évolution de Ricoré en témoigne assez bien. La pub déchante, et donc passe plus furtivement. Car la musique électronique ou le pop rock épique, c’est bien beau, c’est chic, mais pas mnémotechnique.
Evidement, il y a des exceptions : , 118218... Des tubes des années 80, est-ce un hasard ? Faut-il se plaindre de cette évolution ? Sans doute pas (outre le fait que je ne suis pas de ces vieilles que se plaignent sans cesse). La pub d’aujourd’hui ne joue pas sur les mêmes ressorts, n’activent pas les mêmes zones du cerveau : elle fait plus dans la contemplation, moins dans la cabaret, elle est plus dans la séduction esthétique moins dans le « allez, tous en choeur ». Et puis cela dépend aussi sans doute du type de produit.
Sur ce, je vous invite à lire le papier de Télérama et je vous quitte car il faut que je finisse un mash up go-go (Gotainer meets Gorecki)
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